Mercredi 11 mai : Cleo dort beaucoup et mange peu. Durant la nuit nous sentons que son nez est encombré et commençons les lavages au sérum physiologique.
Jeudi 12 mai : Cleo s’endort pour 3 heures après chaque tétée réduite au strict minimum, 2 minutes à peine. Nous décidons de consulter un pédiatre (la notre est absente) et obtenons un rendez-vous pour la fin de l’après-midi. A 14 heures Cleo est happée de son sommeil par une quinte de toux qui l’étouffe. Un nettoyage et une aspiration du nez permettent de dégager ses voies respiratoires. Entre les épisodes de toux très impressionnants, elle se rendort et ne réagit pas. Inquiets, nous appelons le SAMU qui nous conseille de nous rendre aux urgences pédiatriques de l’hôpital Trousseau très proche de chez nous.
Dans la voiture, Cleo dort dans mes bras et Bruno perd son calme alors que nous sommes bloqués à l’entrée du parking de l’hôpital. Aux urgences, les bébés de moins de 3 mois sont prioritaires et isolés pour ne pas risquer d’attraper les microbes des plus grands. Nous attendons moins de 10 minutes avant que Cleo ne soit auscultée. Entre chaque manipulation par un médecin elle se rendort.
Compte tenu du très jeune âge de Cleo, l’interne décide de nous garder pour la nuit en observation au service des lits-portes, notamment pour voir comment Cleo s’alimente. Pour la première fois depuis sa naissance Cleo dort loin de moi dans ce lit qui ressemble à une prison. Nous nous relayons avec Bruno pour qu’un de nous soit toujours éveillé. Le monitoring sonne constamment. Toutes les 3 heures, avant chaque tétée, l’infirmier de nuit vient « aspirer » Cleo qui est très encombrée.
Vendredi 13 mai : la pédiatre des urgences décide de nous transférer dans le service de pédiatrie générale pour une nuit supplémentaire. Les 48 heures qui suivent un épisode de malaise sont les plus à risque de récidive et il faut attendre les résultats des prélèvements pour savoir si il ne s’agit pas de la coqueluche ou d’une bronchiolite.
Nous avons la chance d’être dans une chambre individuelle avec douche privative. En face, les mamans de deux bébés doivent se partager un seul lit de camp…L’hôpital est vieux, la chambre glauque, le personnel pas toujours motivé mais pour l’instant je suis rassurée d’être là, et Cleo plus en sécurité qu’à la maison. Bruno n’est pas autorisé à passer la nuit avec nous et ne réussira pas à obtenir de l’infirmière les raisons qui justifient cette règle de l’hôpital. Les jours suivants, il multipliera les allers-retours entre notre appartement et l’hôpital, en particulier pour me ravitailler, les parents accompagnant les bébés hospitalisés ne bénéficiant pas de repas, même quand il s’agit de mamans qui allaitent…
Samedi 14 mai : La pédiatre décide de nous garder encore 24h. Pourtant les journées se passent bien. Cleo récupère, elle tête bien, est très éveillée, calme et souriante. Mais les nuits sont toujours un peu agitées au réveil de 6 heures de sommeil en continu. Elle tousse beaucoup, vomit et il faut encore l’aspirer. Cette nuit là je craque un peu parce que je me doute que notre sortie va encore être décalée. J’ai envie d’être chez moi, ne plus entendre ces machines qui sonnent, ces bébés qui hurlent, ces infirmières qui ne semblent pas se soucier de mon état de fatigue et me réveillent au moment de leur ronde…et pouvoir serrer Cleo contre moi sans ces fils qui l’entravent. Et Nathan me manque terriblement.
Dimanche 15 mai : Comme je m’y attendais nous restons 24 heures de plus. Cleo n’a pas la coqueluche, ni la bronchiolite. C’est une simple rhinite obstructive qui nous retient ici. Un simple rhume…mais c’est encore un tout petit bébé. Les médecins semblent vouloir s’assurer que nous serons en mesure de bien prendre soin d’elle.Dans l’après-midi je passe une heure avec Nathan hors du bâtiment dont l’accès est interdit aux frères et sœurs des petits malades. Un concentré d’énergie qui me fait l’effet d’une grande bouffée d’air.
Lundi 16 mai : Nous rentrons enfin chez nous. Cleo n’est pas encore guérie. Nous ne dormirons pas sur nos deux oreilles pendant quelques nuits. Il faudra la protéger le temps qu’elle grandisse encore un peu. Mais nous sommes enfin à nouveau tous les quatre. Et peut-être pour la première fois si bien tous les quatre.
P.S. : un énorme merci à nos frères, beaux-frères, sœur et belles-sœurs qui ont pris soin de Nathan en notre absence et ont permis à Bruno d’être à mes côtés pour me permettre de tenir le coup !



