Premier témoignage d’amour d’un papa pour sa fille.
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Premier témoignage d’amour d’un papa pour sa fille.
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5h35 du matin – Nathan nous rejoint plus tôt que d’habitude dans le lit. Il est nerveux, ne se rendort pas et moi non plus. J’ai mal dans le bas du ventre.
6h – Les contractions commencent. Et reviennent en boucle toutes les 10 minutes. Elles sont encore supportables. J’essaie de ne pas grimacer devant Nathan.
9h – J’ai déjà l’impression d’avoir couru un semi-marathon. Je m’active dans la maison. Il faut tenir le coup jusqu’à midi, heure du départ de Nathan à la crèche.
10h30 – Les contractions s’intensifient et se rapprochent. Toutes les 6 minutes, je cherche une nouvelle position pour supporter ce petit foudroiement. Bruno part faire une course avec Nathan et lui explique que nous pensons que sa petite soeur sera bientôt là.
11h45 – Bruno enfourche sa trottinette pour déposer Nathan à la crèche. Dans le sac à dos porte-bébé, Nathan me dit au revoir avec un grand sourire d’amour. Il m’envoie tellement de courage que je ne peux pas flancher devant lui.
12h30 – Nous arrivons à la maternité. J’avais bouclé la valise l’avant veille, enfin prête pour l’arrivée de ma petite fille.
14h – Après une heure de monitoring le col est déjà dilaté à 3 (le seuil auquel Nathan avait stagné). La sage-femme me demande si je veux la péridurale. Je demande à prendre un bain d’abord pour passer un peu le temps.
15h30 – On m’emmène en salle de travail pour la péridurale. Bruno part s’occuper des papiers d’admission. L’anesthésiste me dit que les papas ne peuvent plus rester pour la péridurale, trop de risque de tomber dans les pommes… Je prends un peu sur moi d’autant que l’anesthésiste a du mal à passer à travers les vertèbres à cause de mon dos trop cambré.
16h30 – Je suis dans les vapes, je ne sens plus mes jambes mais encore trop à mon goût la douleur des contractions. Les modelages de Bruno m’aident à me détendre et à dépasser cette sensation bizarre de ne pas sentir une partie de son corps. L’anesthésiste a beau essayer différents cocktails, la douleur s’amenuise mais ne me quitte pas. Le travail va vite et la gestion de la douleur ne suit pas. Mais Bruno me ramène toujours vers lui, vers Cleo pour que je ne m’enferme pas dans cette douleur. Nous restons tous les 3 dans ce lien qui nous unit déjà depuis 9 mois.
18h – Le col est dilaté à 8. Le chauffage qui réchauffera Cleo est allumé. Je réalise que la naissance de Cleo est très proche et l’émotion est trop forte.
19h – Nouvelle dose d’anesthésie qui s’est encore un peu atténuée.
19h15 – Dilatation complète. La sage-femme met en place tout le nécessaire. On enlève la partie basse de la table d’accouchement. La sage-femme m’explique comment pousser et donne quelques instructions à Bruno pour aider à pousser et gérer le masque à oxygène.
19h30 – Je commence à pousser. A cause de ma cicatrice sur l’utérus, il faudra aider Cleo à sortir dans une demi-heure pour ne pas prendre de risque.
19h45 – Bruno voit les cheveux. Il sourit comme un petit enfant au spectacle.
20h – La sage-femme appelle l’obstétricienne pour aider à la sortie avec ventouse.
20h15 – Après le passage des épaules, Bruno dépose Cleo sur mon ventre. Elle ne crie pas tout de suite. Le haut de son crane est un peu déformé. Elle ne reste pas très longtemps sur mon ventre, il faut l’aider à dégager ses voies respiratoires. Mais elle n’est pas loin. Juste là avec Bruno qui va lui donner son premier bain, mademoiselle ayant émis ses premières selles in utero. Cleo est très calme et regarde son papa. Je suis heureuse d’assister à tous ces moments qui m’ont tellement manqué pour Nathan.
20h40 – Après un premier peau à peau, Bruno dépose Cleo sur mon ventre. Elle grimpe avec notre aide immédiatement vers le sein pour sa première tétée. Cleo ne pleure pas, elle me regarde. Notre petite fille est sereine. On est bien tous les 3.
De retour dans notre petit chez nous, aperçu en image de l’emploi du temps bien rempli de notre petit mec durant notre séjour à la maternité.
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Nathan a reçu la visite de ses grands parents maternels, arrivés à Paris le jour de sa naissance.


Après 4 jours à le scruter dans les moindres détails, le constat est sans appel :
Nathan est un bébé Assouad qui ressemble beaucoup à son papa (en particulier l’inimitable implantation capillaire).
Force est toutefois de constater qu’il a les petites oreilles de sa mère et ses rides d’expression frontales entre les sourcils qui lui donnent un air : a) sérieux, b) soucieux mais surtout, c) très intelligent (au fils, pas nécessairement à la mère).
Il a aussi une musculature de rêve : saut de génération ? Ses petites cuisses hypertoniques sont certainement le résultat de son entrainement intensif à la boxe thaï dans le ventre de sa maman.
Enfin bref en toute objectivité, c’est le plus beau bébé du monde.

Nathan a un grand besoin de succion.
Il tête le sein avec application mais aussi son pouce, son doigt, voire carrément ses deux poings en même temps.
Il aime aussi particulièrement les petits doigts de ses parents qu’il peut têter pendant 1 heure entière.
Têter le rassure et soulage les acidités qui le font souffrir.
Et comme ce dévoreur de petit doigt nous fait craquer, nous sommes incapables de lui refuser ces petits doigts un peu plus longs…



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Mardi 28 avril
16h : les contractions douloureuses commencent.
19h : les contractions sont régulières et la douleur s’intensifie. Nous partons à la maternité, incertains quant à l’issue de la soirée.
Monitoring. J’ai mal. Contrôle du col. Il ne bouge pas d’un mm. Nous attendons 3 h l’attribution d’une salle avec baignoire. La nuit est chargée à la maternité. Bain pendant 1h. Les contractions sont plus supportables.
1h du matin : j’ai de plus en plus mal. Ca serait dû à la position du bébé. Impressions de coups de poignards dans le bas ventre toutes les 5 mn comme dans une séance de torture. Bruno est désemparé face à mon visage crispé par la souffrance.
3h du matin : le col est enfin ouvert à 2 doigts. La sage femme propose la péridurale pour aider l’efficacité des contractions.
3h47 : pose de la péridurale. Je ne regarde pas l’aiguille. Bruno me raconte une histoire drôle.
4h30 : la péridurale fait effet. Je n’ai plus mal. C’est même un peu l’euphorie et des crises de fou rire pendant les contractions.
Les heures continuent à défiler. Toutes les positions sont essayées pour que la tête de Nathan appuie. Rien ne bouge.
7h30 : nous somnolons épuisés par le stress et la fatigue.
8h30 : fin du service de l’équipe de nuit. La césarienne est évoquée.
9h30 : rien ne bouge. On tente un dernier effort. Le rythme cardiaque du bébé le permet. L’heure de la dernière chance.
10h30 : l’obstétricienne osculte et tranche. On m’emmène au bloc. Bruno est déguisé en Dr Ross. Mon corps n’est qu’un tremblement, entre la peur et l’envie de la délivrance. Bruno est prés de moi. Heureusement une nouvelle dose puissante de péridurale. Je ne maîtrise plus mes émotions.
11h12 : début de l’incision. Mon ventre s’ouvre en 2, écartelé.
11h14 : Nathan crie. Il est là derrière le rideau bleu. On me présente mon fils qui part pour les 1ers soins avec son papa. Envie de pleurer mais la tension crispe les larmes. Mon ventre se referme. C’est long. J’ai froid. Je tremble.
11h47 : on m’emmène en salle de réveil. Nathan est dans les bras de son papa, peau contre peau. Bruno pose Nathan contre mon sein pour la 1ère têtée. Je suis maman. Nathan est magnifique. La suite, c’est une autre histoire.
